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Nant
- 2001
C’est parti pour 65 km et
2500m de dénivelée. Après les 100 Km du mois de Septembre, je suis
bien décidé à mieux gérer mon effort et à ne pas finir
complètement cuit. Donc c’est parti, dans la nuit pour une journée
qui s’annonce météorologiquement clémente. Quelques kilomètres de
route qui monte et j’aperçois au loin le chapelet des frontales
qui s’élèvent dans la nuit. Puis on tourne à gauche pour attaquer
un chemin plus raide. Je commence à marcher. Je me fais doubler
par beaucoup de concurrent et me décide à recourir pour défendre
ma position dans ce peloton qui s’étire de plus en plus. On arrive
alors au « goulet ». Un étranglement qui fait se réduire le chemin
en un sentier qui grimpe sur les causses entre deux murs de
pierres. Impossible de doubler sous peine de se faire conspuer et
je prends mon mal en patience. Je resterais là à piétiner environ
10 minutes et derrière, les concurrents plus prudents, adeptes du
départ pépère resteront bloqué bien plus longtemps. Enfin ça
repart de plus belle, avec le levée du jour sur un paysage qui me
rappelle mes terrains d’entraînement sur le Larzac. Ca monte, ça
descend. On attaque ensuite une ancienne voie de chemin de fer,
ou, une erreur de jeunesse sûrement, je lâche un peu les chevaux.
Je rattrape pas mal de coureurs et on arrive à un premier
ravitaillement en liquide. C’est dans un village, point de
ralliement de tous les suiveurs, ou l’ambiance est chaleureuse. Je
vais attaqué la montée du St Guiral. Je m’attendais à un col mais
en fait, c’est une longue succession de passage raide, plat,
cassant, roulant et finalement pas trop dur. Juste un passage
vraiment raide me fait mal aux jambes. J’arrive donc avec un
certains étonnement au sommet de St Guiral. Le brouillard
m’accompagne mais je sais que plus bas, c’est grand soleil.
J’attaque donc la descente. Après cette longue montée ou je me
suis surpris à doubler et à progresser sur un bon rythme, je vais
vite me rendre compte que, le trail et particulièrement la
descente, c’est très technique et que ça demande pas mal
d’entraînement (que je n’ai pas) et d’expérience (que je n’ai pas
non plus). Je me lance donc dans cette descente : il peut pas y
avoir pire : de la mousse, des pierres, des feuilles mortes, des
rochers, le tout en sous bois, super glissant. Je me traîne, un
vrai boulet et je vois passer un à un tous les coureurs de tout à
l’heure. Je suis vraiment pas à l’aise et j’accueille avec un
grand soulagement le retour du goudron. On arrive dans un charmant
village avant de tourner à droite pour emprunter un des plus beaux
sentiers de la journée. Un sentier assez roulant, en légère montée
qui serpente au milieu d’énorme bloc de pierre, au milieu des
jeunets, sous le soleil d’automne. En contrebas, le village avec
ces toits de lauses. Au bout du sentier, une croix. On plonge
ensuite vers le premier ravitaillement en solide vers le village
de ..... par un sentier boueux ou la plus grande vigilance est de
rigueur. Passage sur un pont en bois puis montée de marche pour
aller jusqu’à un ravito très copieux, en public et en victuailles.
C’est reparti par une petit route pendant quelques kilomètres. Je
retrouve ma foulée routière jusqu’à attaquer une nouvelle montée,
via un sentier très escarpé, emprunté il y a quelques temps en VTT
lors de la Caussenarde. La fatigue commence à se faire sentir. Ca
grimpe de plus en plus dur, parfois avec les mains. On traverse
une route puis on se retrouve sur un pseudo plateau. C’est long,
très long. Heureusement je discute un peu avec des alsaciens
enthousiasmés par le paysage. On attaque des forêts d’épineux. Des
longues portions planes où il m’est difficile de courir non stop.
J’alterne course et marche et après avoir arpenté ce plateau
pendant une bonne heure, j’aperçois Tréves, lieu du deuxième
ravitaillement solide. Mais je n’y suis pas encore. Une descente
vertigineuse m’attend. Ca va mieux que dans la descente du Saint
Guiral. Elle est moins technique. Derrière, une « charmante »
coureuse me met la pression. Elle veut me doubler et ronchonne
avec son compagnon de course. Ce serait pas plus simple de
demander gentiment ?. Je fais ma tête de lard. Après tout, notre
différence d’allure n’est pas si énorme. Je suis devant, j’y
reste. Elle a qu ‘à être poli. Après 30 minutes de descente,
j’arrive à Tréves pour une pause de 10 minutes. Je refais le
plein, un peu de vide, et j’attaque la montée du Causse Noir.
C’est un sentier régulier, ou personne ne court. Arrivée sur le
Causse, il faut le traverser. C’est long. Toujours aussi dur de
courir. Et en marchant c’est long. J’aperçois au loin d’autres
concurrents. Derrière moi, personne. Et puis d’un coup, je me vais
doubler. Je dois pas aller bien vite. Le plus dur, c’est que je
sais qu’il va falloir plonger sur Cantobre. Je guette, j’imagine
que c’est là, juste au bout. Et à chaque fois, à chaque sommet de
bosses, je revois l’horizon, d’autres coureurs. C’est moralement
difficile. Enfin, le chemin bifurque vers la gauche et je me
retrouve peu à peu sur une arête rocheuse. De part et d’autre, la
vallée, à gauche …….., à droite la Dourbie. En bas, Cantobre. Je
plonge dans la pente. Très pentue. Je m’accroche aux arbres,
arbustes et autres rochers. Enfin, j’y suis. Petite déception : on
n’est pas du bon coté de Cantobre et on ne profite pas de la
beauté de ce village accroché à la montagne. Au ravito, surprise,
je croise un cousin, bénévole et distributeur officiel de pâte de
fruit et autres pains d’épices. Nant est juste là, au bout de la
vallée. Tout au plus 7 Km par la route. Mais nous on doit grimper
en haut du Roc Nantais, rendu célèbre par les organisateurs et
rédacteur du magazine Vo2. J’ai 1 heure de retard sur mes
prévisions et pas de moyen d’informer la famille à l’arrivée. Je
m’inquiète pour eux. Je repars de Cantobres. Bien décidé à
rattraper un peu de temps perdu dans la dernière montée. Et oh
surprise. Mes jambes répondent. C’est bien la preuve que le moral
joue beaucoup. J’étais au bord de l’abandon sur le Causse Noir. Je
double quelques concurrents, cours dans les faux plats et adopte
un bon rythme de marche dans les montées. Après un portion au
milieu des pins, je tourne à droite. J’entends la sono, en bas. Je
suis au sommet du Roc Nantais et il ne me reste plus que la
descente. Je savoure, je regarde Nant en bas, passe le petit bon
et, je retrouve, Denis et Eric, mes parents et Chloé. Eric et
Denis se propose de faire avec moi les derniers hectomètres (un
tour de village) et je m’ai un point d’honneur à accélérer dans le
dernier petit raidard pour leur faire bien mal aux jambes.
Surprise et quelle surprise : Sandra est là, à 20 mètres de la
ligne avec sa mère. Je prends Chloé par la main. Sandra n’a pas
osé venir. J’aurais aimé. Je prends Chloé sur mes épaules pour
passer sur l’ « arche des Templiers ». Je suis un finisher après
11h 10 d’effort dans des conditions météo idéale. Le bonheur. J’ai
réussi mon défi pas raisonnable : enchaîner les 100 Km de Millau
et Les Templiers en 1 mois..
J’ai
aimé :
-
L’arrivée, lorsqu’on plonge du sommet du Roc nantais vers Nant
- Les
ravitaillements
- La
météo
J’ai pas
aimé :
- La
traversée du Causse après Trèves ….long, long, long
- Ma
descente du Saint Guiral : laborieuse
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