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Lyon
- 2002
C’est parti pour la remise des
dossards. Le gymnase me paraît bien vide. Je retire le dossard 252
(une chasuble en fait), je dépose environ 250 tracts UFO sur la
table des gentils et c’est parti pour une après midi au marché de
Noël de lyon.
20h, je reviens au gymnase où
là l’agitation est plus palpable. Je recherche désespérément Zato,
je laisse bien en vue mon sac à dos avec le logo UFO, mais rien.
Pas d’UFO en vue. Je suis un peu stressé, beaucoup plus que sur
mes autres trails : peur de la nuit, de la météo, du froid, de cet
environnement « hostile » pour moi qui suis plutôt habitué à
courir en plein soleil sous la chaleur du midi.
21h, je prends la navette.
J’espère faire un petit somme mais impossible, le chauffeur nous
met Radio Nostalgie à fond pendant tout le trajet.
22h Arrivée à Saint Etienne.
Une ambiance chaleureuse dans un grand hangar. Je trouve
rapidement un recoin ou je décide de me poser pendant les 2 heures
qu’il reste à patienter. Je me dis que j’ai bien assez piétiner
dans les boutiques tout aujourd’hui et que ce serait bête de se
fatiguer encore plus. Juste 2 aller retour au stand café et je
reste assis 2 heures à discuter avec un savoyard et un parisien.
Le savoyard me donne quelques conseils, il a les mêmes références
chronométriques que moi sur semi (1h 29 contre 1h 27) et sur
marathon (3h 28 contre 3h 19) et il part pour 6h 30. Il me dit que
c’est roulant et que je m’inquiète pas, que de toute façon on va
tous tomber au moins une fois. Il a raison : je prendrais 2
gamelles. Quand au parisien, il est ici pour essayer de résoudre
un problème de gestion d’effort. Il m’annonce 1h 15 au semi et
…..4h 40 au marathon !!!!!!! Je suis sceptique.
22h 30 environ : Le passage de
Zato. Il distribue méticuleusement ces prospectus UFO, il rate
personne. Un vrai pro (tu l’as payé combien Phil pour ce
travail ???) Juste le temps de discuter 5 minutes, il me donne
encore quelques conseils (j’avais l’air vraiment si inquiet !!),
il me parle de la descente technique sur Sainte Catherine, et de
la forêt de ??? juste après Sainte Catherine ou « tu verras des
lumières de frontales dans tous les sens ». Il avait raison sur le
premier point. Je m’interroge sur « comment m’habiller ». Je
décide de partir avec un tee-shirt + un sous pull
Climat-driteMillet + une polaire légère Millet + un coupe vent.
C’est beaucoup mais je crois qu’il fait vachement froid.
00h : C’est parti. Le départ
se fait sur une grande route et c’est globalement descendant
pendant 5 km. C’est pas très beau mais c’est idéal pour se
chauffer et se rendre compte qu’il fait vraiment trop chaud sous
mes 3 épaisseurs de vêtements. J’enlève le coupe-vent et desserre
mes chaussures. Juste avant le ravito de Sorbiers, une première
montée d’environ 1 km. Je me force à marcher. Je pourrais courir
mais je veux vraiment gérer mon effort et je me fie au cardio. Et
c’est là qu’intervient un drôle de type. Il me double et dit bien
fort à quelques collègues « Les gars ils partent comme des fous
et regardent ils sont déjà cuit, ils commencent à marcher ». Je
suis dégoûté. J’hésite à aller lui expliquer ma gestion de
l’effort. Il n’en vaut pas la peine. Peut être que la nuit me
donnera raison.
0h 42 – Km 7 - Ravitaillement
de Sorbiers. Tout va bien. Jusque là que de la route. Je prends 2
bouts de chocolat, un verre d’eau et je profite de la montée bien
raide qui suit pour marcher et me ravitailler. Puis c’est les
premiers chemins. Y a un coureur qui est en train de changer de
chaussures. Il a pris l’option (chaussures route – chaussures de
trail – chaussures route ) J’avais moi aussi hésiter à faire ce
choix. Je n’ai pas de regret. Les chemins ont été tellement
impraticables, que même avec mes chaussures de trail , ça aurait
été galère. Pour avoir une bonne accroche, il m’aurait fallu des
crampons de rugbymen !!! Donc c’est parti. C’est très gras et
rapidement je m’arrête pour resserrer mes chaussures. Faut dire
que la boue colle et j’ai l’impression que je vais perdre mes
Asics à chaque foulée. Puis c’est une alternance de chemin –
route, vallonnée qui nous permet de voir de beaux chapelets de
frontales dans la nuit. Au début du chemin, tout le monde autour
de moi essaye d’éviter la boue. Puis au fil des kilomètres, on
essaye de rester « debout ».
1h 48 – Km 16 – Ravitaillement
de Saint Christo en Jarrez. C’est en haut d’une belle montée sur
route. C’est aussi le lieu du premier relais. Il y a pas mal de
monde et d’ambiance au bord de la route. Au ravito, ça bouchonne
un peu, je réussis à me faufiler et 1 verre de menthe et 2
pruneaux plus tard, je repars en mangeant. On ne doit pas être
loin du point culminant de la course. On aperçoit au bord des
chemins un peu de neige. Je remets mon coupe vent et c’est
reparti. Je ne suis pas tout seul. On n’est pas non plus en
groupe. C’est plutôt un chapelet, un coureur tout les 5 mètres.
Faut dire que c’est difficile dans les chemins de rester groupés
en peloton. Il y a souvent un « éclaireur » et derrière c’est à la
queue leu leu. Au environ du km 18, c’est LA gamelle. Dans un des
passages les plus boueux du parcours. Que dire sinon qu’en une
fraction de seconde je me suis retrouver avec les 2 pieds décollés
du sol et que j’ai retouché le sol d’abord avec l’épaule, puis
tous le coté gauche de ma carcasse, et enfin avec les pieds. Tout
de suite je me suis dit « Putain, la clavicule » J’ai très mal à
l’épaule, je me relève, je bouge mon bras, tout va bien. Je repars
tranquille, j’ai encore mal mais j’oublie vite cette belle frayeur
en me concentrant sur les chemins toujours aussi boueux. Et là
c’est la déprime. Qu’est ce que fais là, c’est encore loin
l’arrivée ? Bref, je galère au milieu d’un environnement de plus
en plus blanc. Et oui, la neige est au bord des chemins, et un
brouillard épais se joint à la partie. Avec ma malheureuse Petzl
Tikka, je vois à peine à 2 métres. Je pense que ce matériel est
largement insuffisant pour ce type d’épreuve. J’essaie de suivre
2, 3 gars avec des grosses lampes mais le moral n’est plus là. Je
me dis que le salut viendra à Sainte Catherine. Là bas « le plus
dur sera fait » d’après le profil. Enfin la descente technique
dont m’avait parlé Zato. Elle est vraiment très technique mais ça
va, le moral réapparaît avec les premières lueurs de Sainte
Catherine. Je prévoyais de m’arrêter 10 minutes mais d’un rapide
coup d’œil au profil , je vois qu’il y a une belle côte à la
sortie du village. Je décide de me ravitailler dans la cote et de
gagner quelques minutes. Mon ravito à Sainte Catherine aura durée
3 minutes. Toujours dans le brouillard, j’arrive dans la forêt
dont m’avait parlé Zato. On n’y voit rien. Après 30 minutes un peu
galère et une nouvelle gamelle (moins belle que la première),
enfin on sort du bois, on attaque une route goudronnée et c’est le
ravito de ………. Plus que 28 km. C’est bizarre mais tous les ravito
ou presque se trouve au pied d’une belle montée. Là elle est
superbe. Il y a un panneau « dans 700 m, descente à 20% ». Et
effectivement, après 700 m de marche, c’est partie pour une longue
descente irrégulière. Je prends mon rythme de croisière que
j’estime à 11 km/h. Je gère. Pendant environ une heure, je
descends seul, un groupe devant moi à 30 m. J’essaie pas de les
rattraper, j’ai peur de me griller. Je gère et je m’impose même 2
poses de marche de 1 minute (chrono en main) pour reposer la
mécanique. Le ravitaillement suivant me paraît loin. On aperçoit
au loin les lumières de la banlieue lyonnaise. Un rapide calcul.
Au prochain ravito, on sera à 20 km. Oh surprise, quand j’y
arrive, je vois le panneau « Arrivée 18 Km ». C’est bon pour le
moral. Une pose express, un thé bien chaud et je repars piano .
Après 1 km de route, on reprend un petit chemin qui descend dans
un ruisseau. On traverse une sympathique passerelle et là une
belle montée bien raide de 500 m nous attend . D’après le profil,
c’est l’avant dernière. Je la passe bien mais ça se complique au
sommet. Je m’étais habituer au rythme « montée = marche, descente=
course » Et là, surprise, c’est un faux plats « presque plat », ou
l’idéal serait de courir. Je n’y arrive pas, me fais doubler par
pleins de monde et il me faut bien 10’ avant de reprendre un
rythme de croisière qui doit être de 10 km/h. Il doit rester 15 km
et c’est parti pour 5 km pourri, dans un lotissement banlieusard
sans vie, sur des grandes avenues vides, avec un coureur devant
moi à 150 m et un derrière à 150m. C’est dur. La frontale ne sert
plus à rien, il ne fait même plus froid, mais qu’est ce que c’est
long ce final. Enfin, j’arrive prés d’un « aqueduc ». C’est le
début de la descente vers le dernier ravitaillement. Il ne reste
plus qu’une montée. Il paraît qu’elle est très dure. Je vois en
face, une montée, terrible, qui grimpe droite au milieu des
maisons . J’essaie de voir des coureurs (marcheurs). Rien. Ca me
rassure ce ne doit pas être celle là. Je continue dans la
descente. Une descente bien raide, variée, bien sympathique. C’est
aussi le début du décompte final des kilomètres . 10 – 9 – 8 …. Je
surveille mon chrono, je pointe les derniers kilo mais je me rends
vite compte que c’est très approximatif. C’est pas grave, ça
encourage. Enfin le ravito. On traverse la nationale et je
retrouve …. La grande montée finale ? Et oui, c’est bien elle que
j’avais vu d’en haut. Elle est terrible. A vu de nez, 20 % pendant
700m. Un mur. Le mec qui court la dedans, c’est un martien. J’en
profite pour grignoter, me faire une raison pour la barre des 7
heures et je me force à repartir dés que le pourcentage me paraît
raisonnable (< 3%). Enfin c’est le final, la descente de 4 km
depuis Saint Foy les Lyon avec quelques passages en escalier qui
font tant souffrir. C’est là que je me rends compte que je suis
encore très frais, je descends ces escaliers en courant 2 par 2 et
je double quelques coureurs qui descendent « en pingouin ». Encore
un kilomètre de plat dans les rues de Lyon, quelques marches
d’escalier pour grimper dans le patinoire et c’est terminé. 7h 10
environ et 427ème.
Bilan : Je suis super content
de ma gestion. 3 jours après, j’ai plus aucunes courbatures
(habituellement, il me faut 1 semaine pour récupérer d’un Ultra).
Mon choix des chaussures de route a été le bon. Le stress du froid
et de la nuit m’a un peu gâché mon plaisir. C’est une course qui
m’a demandé beaucoup de concentration dans sa première partie à
cause du brouillard et de la boue. Une semaine après, je suis ravi
et je me dis que je reviendrais pour le chrono en 200X. Dans les
points à améliorer, je note que j’ai eu beaucoup de mal avec ma
tenue vestimentaire. Trop chaud, puis froid puis re trop chaud.
C’est vraiment un point à améliorer.
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