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Laguiole - 2003
Ca
commence mal. J’entends pas le réveil et je me lève 1 heure plus
tard que prévu. Je saute dans la voiture pour, après du
brouillard, de la neige, et une jolie séance de CO à Séverac le
Château, arriver à Laguiole 20 minutes avant le départ. Par
chance, je trouve une place à 20 mètres de la ligne et je cours
chercher mon dossard. Moi qui aime bien arriver 2 heures avant,
m’inspirer de cette atmosphère toujours un peu particulière ou
chacun s’observe, tantôt inquiet, tantôt curieux, tantôt envieux.
Pour cette fois, c’est raté. Je triche un peu dans la file
d’attente pour la vérification du sac et finalement je suis prêt
10 minutes avant le départ (qui à été retardé de 10 minutes….Ouf).
J’ai même le temps de me faire prendre en photo au pied du fameux
taureau. Je n’apprendrai que le lendemain, dans le journal, que
toucher les attributs de cette animal de ferraille porte bonheur.
Je ne l’ai pas tripotté, mais c’est pas grave, c’est parti pour
5h 38’ de bonheur. Le départ très solennel est donné entre 2
fumigènes, sur un fort fond de musique « Era ».
C’est
parti pour une première boucle de 27 km. Les 2 premiers kilos,
c’est de la route. Une mise en jambes. J’hésite entre partir
tranquille ou accélérer pour éviter le premier goulet qui ne va
pas manquer de créer des bouchons. Finalement je pars sur un bon
rythme, mon cardio me rappelle à l’ordre et finalement, on
bifurque à gauche dans un sentier étroit, très enneigé et ou il
est quasi impossible de doubler, sous peine de se retrouver avec
de la neige jusqu’au dessus des mollets. La neige est pas ou peu
tassée, très poudreuse et surtout elle ne colle pas. J’aurais
souvent cette pensée durant la course « C’est idéal pour les
gars qui prépare le Marathon des Sables ». C’est vraiment
cette sensation de courir dans du sable mou, sur une plage, à part
que là, c’est l’Aubrac, avec le vent qui se lève, et qu’il vaut
mieux éviter le maillot de bain. Température extérieure : 0° c
environ.
Une
solution pour éviter cette poudreuse, c’est de sortir du chemin
pour emprunter un champ encore vierge de tous coureurs. Une croûte
glacée nous permet de progresser parallèlement au chemin, avec
beaucoup moins de difficultés et rapidement 2 rangées de coureurs
se forme, séparer par un murée de pierres.
Nous
voilà, après 30’ de course au pied de la Croix de Pal. La
difficulté de la course que nous devrons gravir 2 fois (dans ce
tour de 27 km et dans le suivant de 17 km). C’est à la « queu
leuleu » et finalement c’est pas si monstrueux que ça. Le plus
dur, c’est sur le haut, un faux plat avec toujours cette neige
molle ou on ne sait pas trop s’il faut courir ou marcher (dans la
montée, pas de doute, on marche). Au sommet, on tourne à droite
pour une descente tout « schuss ». Un vrai régal. Au niveau
sensation, c’est génial. Ca me rappelle, il y a quelques années
quand je m’étais amusé à descendre en courant …..la dune du Pilat
(et oui, toujours du sable). J’en profite pour lâcher le petit
groupe dans lequel j’étais et j’accélère un peu sur le plat qui
suit pour rejoindre un autre petit groupe qui s’est formé. Peine
perdu, ça sert à rien puisque nous rentrons dans un sous bois où
il y a de plus en plus de neige, et de nouveau, c’est chacun pour
soi. Les groupes éclatent. Je ne regarde plus le cardio, mais
l’effort fournit doit pas être loin de 85% fcm et je dois
progresser à … 6 km/h !!!. Et à ce rythme là , c’est long 44 km.
Bref, un passage un peu galére avant la délivrance : on rejoint
une route, verglacée certes, mais le sol est stable (normal pour
une route non !!) J’ai la sensation d’être sur un tapis roulant.
Ca avance tout seul. Une petit bosse est avalée en courant et
c’est avec une certaine déception qu’un gentil signaleur nous fait
tourner à gauche pour reprendre cette chère piste en sous bois.
On doit
être à 1h 30 de course pour environ 13 km. La piste nous fait
remonter en direction du Chalet de la Source. Je me sens mieux et
toujours en cherchant le moindre cm² de neige dure, je double
régulièrement des coureurs qui ont choisi l’option de marcher. Moi
je cours à environ 7/8 km/h. Au sommet, un des passages les plus
pénibles m’attend. Un passage à découvert (donc en plein dans le
vent qui se jour là devait souffler à un bond 50 km/h)
complètement défoncé, où je m’enfonce jusqu’à mis mollet.
L’impression de faire de la PPG (montée de genoux), ou plutôt de
traverser un champ fraîchement labouré en courant. Une horreur et
malgré ça je continue à rattraper du monde. Je dois mon salut à
une piste de ski de fond qui longe ce terrain miné pendant environ
100m. Je l’emprunte et je me retrouve au sommet de la Croix de
Pal. A partir de là, je vais emprunter le chemin qui me ramène sur
Laguiole et que je devrais ré emprunter au 2ème tour.
Une descente tout schuss vraiment très sympa , je traverse une
rivière, une route et c’est en sous bois que le parcours se
poursuit. Un chemin très étroit ou de nouveau, on ne peut pas
doubler. Ca bouchonne un peu, je patiente quelques minutes en
marchant et n’en pouvant plus, je double 5 ou 6 coureurs en
prenant le risque de me détruire une cheville dans un bas coté où
les appuis sont hasardeux. Rapidement je distance le groupe d’une
quinzaine qui s’était formé et après une légère descente j’attaque
un faux plat montant qui me mène jusqu’à l’Abiouradous.
J’apprendrais plus tard qu’il y avait un ravito. C’est pas grave.
Depuis quelques kilomètres déjà, on croise des groupes de
randonneurs qui troublent le calme ambiant en nous criant des
encouragements et en remuant de grosses cloches. Ca fait du bien
avant d’affronter entre 2 murs de neige, le vent glacial de
l’Aubrac qui fait baisser instantanément la température. Faut dire
que jusqu’à maintenant, la plupart du parcours était en sous bois,
bien abrité. C’est une descente infernale vers Laguiole qui nous
attend. Sur une route verglacé, puis de moins en moins et au
final, presque sèche, c’est très pentu et idéal pour se martyriser
les cuisses. Emporté par mon élan (et mon poids), j’arrive au
ravito de Laguiole. Je décide de prendre mon temps. 10 à 15
minutes d’arrêt, je me goinfre de thé, barre de céréale, un coup
de fil à la famille qui n’a pas pu m’accompagner, et c’est reparti
pour la deuxième boucle de 17 km. J’appréhende un peu, comme
beaucoup je crois, de repartir de ce confortable ravitaillement,
et surtout de retrouver ces satanés pistes « de sable » moue.
Après 1 ou 2 km, je retrouve le parcours emprunté le matin et là,
oh surprise. C’est une autoroute !! Super damé. Effectivement les
1050 partants de cette Fila Aubrac, soit 2100 pieds ont fait leur
œuvre. Le parcours est super dur, très roulant et la deuxième
boucle me paraîtra finalement plus facile que la première. La
montée de la Croix de Pal, se passe super bien. Je ne double pas
de concurrent et j’en profite pour discuter 2 minutes avec un des
nombreux partisans des bâtons de randonnées. En haut de la Croix
de pal, c’est à gauche pour le dernier (à regret) schuss de la
journée. Re le ruisseau et la route et c’est reparti en sous bois
en direction de l’Abiouradous. Je profite de ma bonne forme pour
forcer un peu l’allure ou plutôt pour me forcer à ne pas marcher
dans la montée vers ce buron traditionnelle. Je me rappelle mes
plus beaux souvenirs cyclistes en encourageant un concurrent à
« prendre ma roue » et effectivement, en 2 ou 3 km, nous avons
bien gagné 15 places. Puis c’est la descente par la route sur
Laguiole. Je suis encore étonné de pouvoir courir si vite, sans
courbatures ni douleurs. Le final s’effectue par un tour de ville,
sans intérêt, sur les trottoirs ou entre les voitures et j’arrive
sous la son de « Era » (la boucle est bouclée). Je ne pensais pas
être ému, mais tout à coup, ça me submerge. Je l’ai terminé. J’en
ai révé depuis 2 ans et c’est fini. Le Tee-shirt Finisher sur le
dos, je pars à la recherche de cet aligot-saucisse salvateur qui
m’a fait avancé dans quelques moments difficiles. Je ne le trouve
pas. Tant pis. Un coup de fil à la famille pour les rassurer et
leur donné mon classement : 5h 38’, 224ème sur 1040.
J’ai
aimé :
- La
neige
-
L’émotion du départ
- La
tomme du départ et le Tee shirt à l’arrivée
J’ai pas
aimé :
- Les
bouchons au départ. Un tour du village aurait permis d’étirer le
peloton
- Le
tour de ville à l’arrivée, sans intérêt
- De pas
avoir trouver l’Aligot-saucisse à l’arrivée
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