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La Plagne - 2002
Plan d’eau de Macot : il est environ 7h du mat. La journée s’annonce belle.
Un poids en moins sur les épaules. Je suis quand même bien stressé à l’idée
de monter la haut. Bien plus que lors de mes précédentes Ultra expériences.
Un petit plaisir au départ. Je croise Corinne Favre. C’est une référence du
Trail et la référence féminine de la 6000D. Une vrai « star » qui fait le
bonheur des pages des magazines spécialisés.
On
est en petit comité. J’ai l’impression que je suis le petit nouveau et que
tout le monde se connaît. Après le contrôle des puces, je rentre dans le sas
de départ. 3,2,1 partez. C’est donc parti par la piste cyclable qui longe
une rivière. C’est plat et il faut en profiter, ça va pas durer. Une pause
technique et me voilà dernier. Wouah !! c’est pas cool, je force le rythme
et me cale dans le milieu du peloton qui commence à s’étirer. On arrive à
Aime la Plagne et on emprunte la route qui monte vers les stations de la
Plagne. Il y a un peu de public et je ne veux pas perdre la face. Je trouve
le rythme déjà bien élevé mais tout le monde court. Moi aussi, mais je
trouve que ça va bien trop vite. Enfin on quitte la route et on attaque un
sentier en sous bois. Terrible. Ca bouchonne un peu mais ça grimpe trop dur
pour doubler. Mon coeur s’emballe, je suis en nage. Et ça va durer jusqu’à La Plagne 2000. C’est plus de la rando sportive que de la course. Je n’arrive
pas à courir et je me demande comment font les premiers. Le haut de cette
première montée est plus irrégulier et permet quelques temps de récup. Enfin
une descente pour traverser la station. Une pause express au ravito et ça
repart pour une portion vallonnée qui permet de se remettre doucement à
courir. On arrive ensuite à un lac et un joli passage technique qui permet
d’apercevoir le col. L’environnement est complètement dégagé depuis qu’on
a quitté la station et, les pistes de 4*4 l’été, et sûrement de ski l’hiver
ont complètement défoncé le paysage. C’est d’ailleurs par une de ses pistes
qui doit s’apparenter à une autoroute à ski l’hiver, que l’on passe au
sommet du col. Enfin une belle et vrai descente pendant 2 kilo. Moi qui ai
cru un instant que le sommet, le vrai était à ce col, je vais pas être déçu.
Descente donc, jusqu’au ravitaillement avec une vue imprenable sur le
sommet, le glacier de Bellecombe. Les sensations sont pas super dans la
descente, je me fais pas mal doubler. Au ravito, c’est l’endroit ou l’on
croise les premiers. Il faut faire en fait une boucle pour passer au sommet
du glacier (3000 m) et revenir à ce ravito pour enfin attaquer le chemin du
retour. Donc au ravito, je vois descendre une furie. Corinne Favre redescend
elle du glacier. Elle est deuxième féminine (ce n’est pas habituel pour
elle) mais ça grande spécialité, c’est la descente. Il paraît que c’est très
impressionnant d’efficacité. Elle repart à gauche pendant que moi, je repars
sur un petit rythme à droite. Je passe devant un téléphérique et je
m’apprête à attaquer la montée finale. Si tout à l’heure les pistes étaient
des autoroutes à ski, là c’est des champs de cailloux, de plus en plus
raide. C’est très très dur, et le final s’apparente à de l’escalade. La
chute est interdite sous peine de se retrouver 200m plus bas. Je m’accroche
aux cailloux, essayent de suivre les pas de mes prédécesseurs et c’est le
soulagement : je suis au sommet, accueilli par un public assez nombreux pour
un sommet à 3000m.. Je poursuis par la traversée du glacier. Je pensais et
rêvais de marcher sur la neige mais la météo clémente à fait fondre ce
dernier et nous nous contenterons d’enjamber quelques torrents. Encore un
petit effort pour passer un petit col et c’est la descente infernale vers le
ravito. Je me lance donc prudemment, en freinant un maximum, essayant
d’amortir le plus possible. Pas de folie, je ne coupe pas les virages et
malgré ça, je commence à doubler quelques concurrents. La descente est très
technique jusqu’au ravito. Je fais le plein du camelbag et c’est parti pour
une belle descente au milieu des prairies alpestres. Les chemins sont plus
plaisants que plus tôt dans la matinée, et souvent, 2 ou 3 chemins s’offrent
à moi, au choix. Pas de risque de se perdre, simplement faire un choix pour
prendre le moins cassant, le plus court, le plus roulant. Ces chemins se
rejoignent quelques dizaines de mètres plus loin et ça recommence ainsi
pendant une bonne partie de la descente.
Arrive ensuite la première mauvaise nouvelle de la journée : le col de
.........
Un détail par rapport au dénivelé accumulé jusqu’alors mais un vrai calvaire
en réalité. J’étais sur un bon rythme dans la descente, je doublais
régulièrement des coureurs et là, le coup d’arrêt. C’est un GR qui serpente
jusqu’au sommet en laissant sur la gauche un petit lac, mais les
organisateurs ont du estimer que c’était trop long, et ils nous font monter
droit dans la pente. Dur dur. Enfin, c’est le sommet et l’avenir me promet
une belle et longue descente jusqu’au plan d’eau de Macot. Il faut d’abord
passer par la Plagne Bellecombe, la station ou nous avons retiré le dossard
la veille (et accessoirement dégusté une bonne crêpe en terrasse). C’est une
plongée à travers l’alpage. Les cuisses commencent à brûler mais je suis
encore efficace et je continue à doubler. Au pointage de Bellecombe, je suis
195ème/500 environ. Je repars, un coup de fil rapide à Sandra qui
m’attends à l’arrivée. Il reste 10 Km, et en un rapide calcul, je me dis que
je serais arrivé d’ici 1h, 1h15. L’erreur. En fait c’est pas 10 Km de
descente mais 5 Km de plat qui remonte même parfois puis 5 Km de descente
vertigineuse jusqu’à l’arrivée. Et donc, là, c’est la tuile. J’étais déjà
« psychologiquement » arrivée et quand je vois le chemin, serpenter et
partir vers la droite, puis remonté, je craque. Impossible de courir. Je
vois revenir et me passer un à un tous les descendeurs de tout à l’heure.
Après un calvaire de 5 kilomètres ou j’ai du courir ... 1 Km enfin la
descente. Droit dans la pente. C’est simple. Il y a une route qui descend en
lacet et nous on coupe droit. Tout les 200m, on coupe la route et je me met
à apprécier les 5m de plats qui constitue la traversée de la route. Je
suis mal, de plus en plus mal. Tout les 200m, il y a un signaleur qui bloque
les véhicules. Et un sur deux me dit « Ca va ?, c’est sur ? » Je fais si
peur que ça ? Je comprends pourquoi, je sais plus ou, j’ai lu que certains
coureurs, pour moins souffrir des cuisses, descendaient cette pente
infernale. en marche arrière. Je contrôle plus grand chose et j’arrive
enfin, au abord du plan d’eau. C’est fini. Je me laisse doubler par qui veut
bien. Je l’ai fait. Je savoure. Un tour du plan d’eau au milieu des
baigneurs qui doivent pas trop comprendre d’où l’on vient. Sandra est là. Le
meilleur remède. Je vais déjà mieux. 7h 19’ et 250 environ / 500.
J’ai aimé :
J’ai pas aimé :
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