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Vendredi,18 heures, Millau Après 4 heures de route, Mon suiveur et moi arrivons à Millau. Autour de la salle des fêtes, c'est l'effervescence. Avant même de retirer mon dossard, j'aperçois sur une table un petit panneau UFO. Autour, personne. Il est tôt, je repasserai. Nous accomplissons les formalités d'usage : retrait du dossard, du T.shirt (pas mal!), etc. Je repasse du côté d'UFO, toujours personne. Un petit tour dehors, visite des stands, je me laisse tenter (mais en fait j'avais prévu ;)), par quelques bouteilles du cru local. Nouveau passage dans la salle des fêtes, toujours pas d'UFOs à l'horizon. Bien que déçu, il faut se rendre à l'hôtel. Tant pis, peu-être demain, au départ ... Le repas du soir est bon, la nuit aussi, et déjà le moment du départ arrive. Derniers cadrages avec le suiveur, nous nous séparons, et je me dirige vers l'enregistrement. Un petit coup de douchette sur le code barre et le tour est joué. Je ressors, je scrute les dossards, j'en ai 2 ou 3 en tête. Je vois le 46, ce doit être Vincent. Je me présente, nous nous saluons vite fait, il est à la bourre pour l'enregistrement ... Puis c'est la longue procession vers le départ réel, à petit pas nous suivons la meute, qui à ce moment a plutôt des allures de troupeau. Nous y sommes, encore quelques minutes, les rues sont transformées en vespasiennes géantes, l'impatience est à son comble. Puis d'un coup, le starter nous libère ... Un premier kilomètre difficile et déjà une question :pourquoi les marcheurs s'obstinent-ils à partir devant ? De piétinement en zigzags, il faut du temps pour pouvoir trouver son rythme. Soudain à côté de moi, une légende du 100 bornes : Huguette Jouault. Elle discute avec d'autres coureurs, elle n'est pas là pour faire un résultat, j'entends parler de retraite, bon, on verra ... Après 5 kilos, je retrouve mon suiveur. A quelques secondes (d'avance) près, je suis exactement dans le tempo prévu, soit 26 minutes. J'ai prévu cette vitesse jusqu 20 ème, cette partie est roulante. En effet tout va bien. Le 20ème est la, avec la première côte. J'ai décidé de marcher dans les côtes et je m'y tiens. Je me ravitaille un peu et ça repart. Le parcours est vallonné mais agréable, je discute un peu avec un autre coureur. Il pense être parti trop vite, je lui conseille de gérer son avance, ce qui ne l'empêche pas de repartir en soufflant. Je me laisse distancer. Le temps est magnifique, la vallée superbe avec ses chaos ruiniformes, les jambes sont solides et la vie est belle, et peu à peu nous revenons sur Millau Le 40 ème est avalé en 3h 30, j'ai 1'30 d'avance sur mon objectif. Petit passage dans la salle au marathon, et c'est parti pour la 2 ème boucle. Il y a maintenant beaucoup moins de coureurs, la route s'élève et c'est la première vraie difficulté : la montée vers Creissel. Nous apercevons les grues qui servent à la construction du viaduc, cela nous semble titanesque. Au pied de celles-ci, nous voyons aussi la route, très loin, très haut ...On m'annonce que je suis 177 ème, ça me parait bien. Comme prévu je marche jusqu'au sommet de la côte : 35' 30 pour 5 kilomètres, c'est un peu trop, mais j'attaque la descente avec des ressources. Malheureusement, le mur de Creissels a révélé une ennemie qui va nous harceler pendant plusieurs heures, la chaleur. Je constate une élévation sensible du rythme cardiaque. Le Soleil dans la gueule, je peste contre cet aléa dont je me serais bien passé. Je me connais, je supporte difficilement ... La bouche sèche, obligé de boire souvent, le ventre commence à ballonner, dès lors, il est clair qu'il faut revoir les objectifs à la baisse sous peine de se planter. Apparemment, d'autres souffrent plus que moi, car si j'ai chaud, je n'ai pas mal aux jambes. Nous tournons à droite à la sortie de St Rome et c'est la côte de Tiergues. Je l'attendais, j'entame une longue marche : je vais me reposer. Indifférents aux zombies qui me doublent en ahanant, j'avance d'un bon pas. Les premiers arrivent en face. En fait, il y a un écart phénoménal entre eux. Le trou semble fait. Une bonne demi-heure plus tard, je bascule vers St Affrique. La descente est facile, 25 ' 15 au 5 kilos, presque du 12 à l'heure, c'est bon. J'ai laissé sur place tout ceux qui m'avaient doublé dans la côte. Beaucoup sont cuits.
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